La honte de Copenhague.

http://www.lejdd.fr

 » La tranquillité Chinoise face au désarrois du monde.

Dit le calme avant la tempête … »

Au mois de décembre de cette année, s’est tenu à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. 192 pays étaient présents dans la capitale danoise, dans le but de trouver un accord international de lutte contre le réchauffement climatique. La communauté internationale devait y élaborer un accord global qui prendrait la suite du protocole de Kyoto. Copenhague était donc le rendez-vous crucial du 21ème siècle pour le climat et l’humanité.

Le changement climatique est dramatique aussi bien pour les populations riches du Nord que pour les populations les plus pauvres. Nous savons très bien que les premières victimes seront les pays les plus vulnérables, où crises humanitaires et exodes se multiplieront dans les prochaines années. L’humanité à besoin d’un projet ambitieux pour la survie de ses populations et de sa planète.

Copenhague s’inscrit donc dans le mouvement contre les changements climatiques, et prend la suite de Kyoto ratifié par 175 pays (à l’exception des Etats-Unis) et entré en vigueur en 2005. Le traité de Kyoto arrive à expiration fin 2012. Les gouvernements se sont lancés comme défit de trouver un accord ambitieux et fort à Copenhague, ce qui nous laissait espérer d’être dans les délais pour contenir l’augmentation des températures en deçà de 2°C et d’éviter l’emballement climatique. Mais pour aboutir à un tel succès, il aurait fallu que les gouvernements s’entendent sur trois engagements majeurs. Tout d’abord, la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur les territoires nationaux des grands pays industriels d’ici 2020. Puis, la mise en place d’un budget de 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020 pour aider les pays en développement à construire un modèle énergétique durable, à s’adapter aux impacts des changements climatiques, et à lutter contre la déforestation responsable de 20% des émissions à effet de serre. Et dernièrement, un engagement des pays en développement à limiter la croissance de leurs propres émissions de gaz.

Les nations industrialisées disposant de plus importantes ressources financières et technologiques, il est normal qu’elles fassent le premier pas et qu’elles s’engagent à fournir une aide financière et technologique aux pays en développement dans le cadre des négociations de Copenhague. Parmi les pays industrialisés, responsables historiques du changement climatique, l’Union Européenne est l’un des acteurs clés. La France devait donc peser de tout son poids au sein de l’UE pour que celle-ci tire le futur accord climatique vers le haut. Mais cela n’a pas suffit face aux réticences des Etats-Unis, dont Nicolas Sarkozy attendait beaucoup, et de la Chine. Après 12 jours de sommet, le bilan du sommet de Copenhague sur le climat est peu reluisant : un accord non contraignant qui n’est pas signé par tous les pays, obtenu par des négociations de couloirs, rien à voir avec l’accord historique auquel tous voulaient croire. Le président français s’est beaucoup investi dans le sommet, même s’il a dû se résoudre à l’idée que le meilleur accord possible avait été trouvé. En coulisses pourtant, il ne cachait pas sa déception face à l’échec de la signature d’un accord contraignant « Cela n’a pas été possible » a-t-il concédé. Ceci montre bien l’effacement des Européens dans la dernière phase des négociations, et le poids de la Chine et des Etats-Unis, mis en lumière dans le rôle incontournable des deux pays les plus pollueurs de la planète. Les tensions entre les deux pays ont été très vives, mais au final leurs intérêts contradictoires les ont conduits à une alliance pour préserver leur souveraineté.

Pour résumer, le principal échec de Copenhague est l’accord obtenu par les Etats-Unis et la Chine lors de discussions parallèles, pas plus contraignant que l’accord de Kyoto et bien en deçà des volontés affichées. Loin d’être à la hauteur des attentes que la conférence avait soulevé, cet accord  affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, mais ne comporte aucun engagement « chiffré » de réduction des émissions de gaz à effet de serre. De plus la fin du sommet a été ternie d’une part par le cadre flou des négociations, où France et Etats-Unis semblaient faire cavalier seul mettant les autres pays à l’écart, et d’autre part, par la « prise en note » de l’accord (qui pourrait permettre son application) alors que certains pays comme le Venezuela ou Cuba ont annoncé leur intention de ne pas le signer. Le changement de mentalité dont parle souvent les écologistes ne fait apparemment pas le poids face aux intérêts économique. Peut-être que le prochain film catastrophe d’Hollywood devrait montrer l’égoïsme de nos gouvernements au lieu de rejeter la faute sur les rayons solaires. Mais comme on dit souvent, c’est les pieds dans la merde qu’on chante le mieux!!

Camille Pettineo.

Publicités

Une réflexion sur “La honte de Copenhague.

  1. tout à fait d »accord avec ton commentaire.
    Le seul espoir pour le monde est le combat et l’acharnement de ta génération.
    Trop d’égoïsme et trop de crainte de perdre nos acquis pour ma génération.
    On en crève.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s