Réflexions mythomanes sur le mariage

Lundi, après un week-end où je n’ai fait qu’essuyer mes larmes et me convaincre de ne jamais me marier, je me décide à sortir pour m’ouvrir au monde ! N’écoutant que mon courage et le bruit de mon estomac affamé, j’enfile mes escarpins et m’invite à sortir en ville.

Alors que je passe un agréable rencard avec moi même, mon célibat me revient en pleine face. Où que j’aille, la dictature du couple frappe ! Cherchant du réconfort aux alentours, je m’attarde sur la discussion de deux femmes à la terrasse d’un café lorsque j’entends « Quoi ! Tu n’es pas mariée ? Et bien nous avec Brandon ça fait déjà deux ans ». Du coup, en ce lundi, je suis en deuil. Je n’ai même plus envie de sourire à ce soit disant progrès piétinant les cadavres de nos histoires passées pour faire de nous de parfait individualistes. Où est-il passé ce temps béni où ce n’était pas les fringues que l’on s’échangeait mais les petits amis ! Ça vous étonne que même les homosexuels demandent le droit au mariage ! Moi aussi je serais capable du pire comme du meilleur pour ne pas passer pour une vieille fille vieillissante !

Du coup mardi je décide de rester chez moi à comater, lorsqu’au travers de mes fenêtres mal isolées j’entends hurler dehors des slogans inaudibles ! Je me lève, les cheveux en bataille (fallait pas qu’il s’en aille), et me risque à sortir la tête. Quand, sous mes fenêtres, de parfaits petits croyants en chemises amidonnées par la foie me chantent la sérénade d’un mariage au « naturel » pompé dans le sermon d’un ecclésiaste. Comme si c’était naturel d’avoir à l’esprit d’épouser le premier capable de supporter nos crises prémenstruelles pour se taper, en échange, ses matchs de foot et ses copains roteurs ! Mais qu’à cela ne tienne, ces petits radicaux des paroisses sont bien décidés à trouver chaussure à mon pied et qui plus est pas de la même paire ! Mais quelle est donc cette génération délaissant les Pokémons pour des pancartes politisées dans les cours de récrées et prônant l’abstinence d’être jeunes et cons !

Effarée par un tel spectacle, je décide d’aller me désaltérer le gosier et l’esprit dans le Marais ! Toute pimpante dans ma robe beaucoup trop moulante pour une période post-rupture, je m’engage vers le bar lorsque je suis prise à parti par un groupe d’hommes. Rempli d’un espoir nouveau d’un peu de légèreté dans ce monde de brute, j’arbore mon plus beau sourire preuve de ma bonne volonté ! Mais voilà que la discussion s’engage à nouveau sur le mariage, anéantissant par la même occasion tous mes espoirs de sobriété pour la soirée ! Au bout de quelques verres, baragouinant ma fierté d’être libre en brandissant la solitude de mon annulaire gauche je comprend au regard de mes nouvelles copines qu’ils éprouvent une sorte de pitié à mon égard. Honteuse de ne m’être pas raisonné plus tôt à aller dans un bar hétéro chercher du réconfort, je saute dans un taxi pour y terminer seule et saoule. Mais qu’ont-ils donc tous à être obsédés par le mariage, ne savent-ils pas que « l’amour dure trois ans » ?

C’est pourquoi jeudi, ayant pris conscience de l’ampleur du coup d’Etat marital dans lequel je me trouve, je décide de me mettre à chercher le candidat idéal ! Je le veux charmant, comme dans tous les Disney qui ont pourri mon enfance, mais surtout réel pour me faire accéder à la normalité et par la même occasion à la sérénité ! Manipulant à mon tour l’histoire et les auteurs, je décide de prendre un grand bol créatif et de poser un regard neuf sur mon radicalisme anti-marital !

Du coup, vendredi, puisque les français changent d’avis comme de chemise j’officialise une chose qui ne changera jamais ! Etant entendu que la seule personne à qui j’ai vraiment été fidèle depuis ces vingt dernières années ne soit autre que moi même, je me dis que j’ai enfin trouvé LA personne ! Pas de dispute pour la télé, pas d’angoisse lorsque l’autre rentre tard le soir, pas de divorce et de biens immobiliers à partager. Et surtout plus de jugement sur mes alliances ! De toute façon j’en ai tellement dans le slip qu’on me confondrait avec Bigard, heureusement que je conduis comme un pied pour mettre en valeur ma féminité !

Officialisant mon union avec ma part d’homme et de femme, je sais d’ores et déjà que la semaine prochaine commencera sous un nouveau jour étant donné que je serais marié aux yeux du monde, et qui plus est conventionnellement mais avec originalité ! Pourvu que l’on me foute la paix !

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* Ce billet d’humeur a été réalisé dans le cadre d’un cours de journalisme dont le thème était le débat sur  » le mariage pour tous ». J’avais envie de donner plus de légèreté à ce débat qui à fait s’entre déchirer la sphère publique, tout en faisant un clin d’œil à la nonchalance d’un chroniqueur que j’aime beaucoup : Nicolas Bedos. Il faut donc y voir le second degrés pour l’apprécier, ou pas !

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