Documentaire : La crise de Libération

Libération - quand la presse se meurt

« Nous sommes un journal, pas un réseau social ». Comme dans un dernier soupir, ce quotidien historique aux échos d’un autre temps, met sur le devant de la scène le thème de la fin de la presse écrite et les interrogations sur la survie de l’information. Jusque là, la France apparaissait comme relativement préservée, alors qu’aux Etats-Unis, on compte déjà par centaines les licenciements de journalistes des plus grands journaux. Il faut dire que l’agonie d’un journal n’avait pas fait autant de bruit depuis que le Matin de Paris a mis la clef sous la porte en 1987. La crise intestine du quotidien, né en 1973 sous la plume de Sartre et de Serge July, suscite actuellement inquiétude et curiosité.

Ce documentaire web cherche à retracer la crise actuelle à travers la figure emblématique de Libération. Suite aux déclarations de l’actionnaire principal Bruno Ledoux quant à l’avenir du journal et alors que Pierre Fraidenraich vient d’être nommé à la tête du quotidien, le combat des rédacteurs laisse perplexe. Entre crise du « papier » et transformation du métier de journaliste, il est plus que jamais d’actualité de nous interroger sur la place que la presse aura dans les années à venir. Assistons-nous à un tournant historique des quotidiens à travers l’exemple de Libération ?

Il est vrai que tout laisse à penser que le modèle économique des journaux est brisé. Baisse de la diffusion accompagnée d’une baisse d’appétit du lectorat, concurrence des gratuits depuis 2002, augmentation des coûts de fabrication, fermeture des kiosques, effondrement des recettes publicitaires et des petites annonces sonnent déjà le glas de la presse papier. Sans oublier que l’économie de l’entreprise de presse est majoritairement dominée par la question de la charge des coûts fixes. Au premier rang de ces derniers, les charges du personnel. Mais peut-on raisonnablement tirer un trait funèbre sur cette presse dite « de papier » ? Pas si sûr.

Journal Libération

Journalistes, politiques, experts, tous ont répondu à l’appel de cette vaste enquête sur ce mouvement qui risque de faire disparaitre un monument culturel et médiatique du paysage de la presse écrite. Comme un fil d’Ariane qui se déroule au gré des interviews, l’interrogation sur les maux de Libération. Se meurt-il de la conjoncture, ou des coups assenés par son actionnariat et son management ? Comme l’expliquait Nicolas Bedos dans les lignes de Marianne, « La presse de gauche (…) a tellement peur d’être à Hollande ce que le Figaro fut à Sarko, qu’elle est devenue à Hollande ce que le Figaro est… à Hollande ! ». Une formule tranchante, s’il en est, mais qui rejoint le constat suivant : Libération a perdu de son mordant.

Avenir de l’information, fin du support papier, ou « déni suicidaire », comme le considère Bernard Poulet, ce documentaire s’attache à capturer des éléments d’analyse de cette crise majeure. Composé de trois parties, à la fois autonomes et complémentaires, il remet en perspective l’agonie du quotidien. Au delà d’un alarmisme patent, la narration s’attache aussi à mettre en évidence les solutions qui existent. Car tout n’est pas si noir à y regarder de plus prés. Interrogé le 20 mars sur France Inter, Matthieu Pigasse, a exprimé son intérêt pour Libération. Une solution économique envisageable puisque que le trio « BNP » (Pierre Bergé, Xavier Niel et Matthieu Pigasse) a déjà fait main basse sur des titres aussi prestigieux que le Nouvel Observateur et le Monde. Mais la question du modèle économique et structurel est aussi à étudier.

Embarquez au coeur de la crise de Libération, et découvrez ce qui apparaît déjà comme le premier acte d’un changement profond du paysage médiatique.



 

 

 


 


 

Un documentaire signé :

© Camille Pettineo & Audrey Altimare


* Ce documentaire Web a été réalisé dans le cadre de mes études en Journalisme et est également disponible sur le MédiaLab de la classe préparatoire de l’ISTH.


Texte : © Camille Pettineo

Visuels © Camille Pettineo

© Capture écran du Tweet «Et le journal, c’est des gens !», dessiné par Killoffer.

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