La fin d’un monde dans les yeux de GREEN

La fin d'un monde dans les yeux de GREEN

Il s’appelle Patrick et se considère comme « un citoyen ordinaire qui consacre son temps à la préservation des forêts tropicales de la planète. Pour cela (il) réalise des films sur la beauté des forêts et de la vie, mais aussi sur les industries qui les détruisent« .

Son dernier film, “Green” traite de la destruction de la forêt Indonésienne au travers des derniers instants de la vie d’une femelle orang-outan. Réalisé en version internationale, ce film a été produit de manière indépendante et fait le choix de ne faire parler que les images. Pour son documentaire, Patrick Rouxel a reçu plusieurs prix prestigieux lors des festivals du documentaire animalier WILDSCREEN et JACKSON HOLE.

L’objectif  est évident : toucher le cœur des gens. Pour Patrick Rouxel « Pour sauver la forêt tropicale indonésienne, nous devons d’abord arrêter de faire partie du processus de destruction« . Cependant, après ces 48 minutes de visionnage, bien que l’espoir de changer nos habitudes de consommation existe, il persiste en nous ce sentiment de solitude face à l’immensité du problème.

Lien vers son site : http://www.greenthefilm.com/?cat=5&lang=fr

Visuel : © Capture écran de la vidéo
Vidéo : © Youtube – Patrick Rouxel

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Les ex-otages d’Arlit de retour en France (Revue de Presse)

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Mardi 29 Octobre, François Hollande a annoncé à Bratislava (Slovaquie) la libération des quatre otages français travaillant pour Areva, enlevés le 16 septembre 2010 à Arlit au Niger par l’Aqmi (Al-Qaïda au Maghreb islamique).

Mardi soir ils ont été rejoint par Laurent Fabius (le ministre des Affaires étrangères), et son collègue de la Défense Jean-Yves Le Drian à l’aéroport de Niamey (Niger). Le lendemain, les quatre ex-otages Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret sont arrivés en France à l’aéroport de Villacoublay (Yvelines). Le président les y a accueillis en évoquant une «immense joie» et saluant «leur courage».

Cette libération pose plusieurs problèmes. Tout d’abord, le mystère plane sur les détails des négociations bien que le gouvernement français récuse le versement d’une rançon, tout du moins avec de l’argent public. Puis, notons que leur libération après trois ans de captivité intervient à un moment où la cote de popularité du président est au plus bas. En effet, son gouvernement a décidé de suspendre l’écotaxe sur les poids lourds qui sonne comme un énième renoncement. Bien que le calendrier semble avantager le président français, le héros de cette libération est plus le chef d’Etat nigérien.

Un dossier qui traine depuis septembre 2010

Le 16 septembre 2010 : Sept personnes (5 Français dont une femme, un Togolais et un Malgache) sont enlevées à Arlit, site d’extraction d’uranium dans le nord du Niger. Il s’agissait de collaborateurs des groupes français Areva et Satom (filiale du groupe Vinci).

Le 21 septembre 2010 : Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) revendique l’enlèvement des cinq Français. La France de son côté confirme être prête à « engager le contact à tout moment » avec Aqmi mais affirme qu’une opération militaire n’est pas à l’ordre du jour.

24 février 2011 : La Française, le Togolais et le Malgache sont libérés « en territoire nigérien » (source sécuritaire à Niamey). Mais les quatre Français (Thierry Dol, Daniel Larribe, Pierre Legrand et Marc Féret) restent détenus. En Mars, Aqmi réclame « au moins 90 millions d’euros » pour leur libération, demande rejetée par la France.

Le 11 Mai 2013 : Le président nigérien Mahamadou Issoufou affirme que les otages sont vivants, tout en reconnaissant ignorer leur lieu de détention. Une semaine plus tard, François Hollande indique que la France est prête à reprendre tous les contacts, interrompus après l’intervention au Mali, pour favoriser leur libération.

24 octobre : Des sources sécuritaires régionales à Gao (nord du Mali) font état de la présence d’émissaires dans le Sahel pour « accélérer les négociations en vue de la libération des otages français ». La France dément formellement.

29 octobre : François Hollande annonce la libération des quatre otages français. Les ministres Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Jean-Yves Le Drian (Défense) sont à Niamey et se préparent a embarquer avec les ex-otages pour l’aéroport de Villacoubay.

Une libération largement relayé à travers les mots des politiques

Quel a été le jeu des politiques autour de cette affaire ? Qu’elle image des ex-otages a été relayé. Pour ce faire je me base sur des propos recueillis par le Parisien.fr entre autre :

C’est tout d’abord à l’image de héros que sont associés les ex-otages. Le ministre de la Défense salue leur courage en évoquant sur France 2 leurs tentatives d’évasions. Le Président aura lui aussi quelques mots pour eux : « Je veux saluer leur courage. Trois ans d’épreuves, d’attente, de courage. Ce sont de grands citoyens français qui ont fait honneur, durant leur captivité, à la France ».

Lors de la séance des questions au gouvernement, le Premier ministre salue « le travail discret, courageux, dangereux de tous ceux qui ont été au contact pour essayer de tout faire pour la libération de nos otages ». Listant les noms des sept Français toujours retenus en otage dans le monde, Jean-Marc Ayrault assure : « Pour eux aussi, l’engagement total du président de la République, de tout le gouvernement, de toutes les autorités française et de toute la représentation nationale ». Les héros passent ainsi au second plan avec la mise en avant de tout ceux qui ont travaillé à leur libération.

Enfin, le courage des otages semble devenir par récurrence le courage du chef de l’Etat comme on peut le voir à travers les mots de François Rebsamen, président du groupe socialiste au Sénat, qui salue l’action du président « courageux ». Sur BFM TV, il insiste sur son l’importance de « saluer la diplomatie française, l’action du président de la république, un président qui ne lâche rien et qui est courageux ».

Une figure clef dans les négociations : Mahamadou Issoufou

Sur TF1, Jean-Yves Le Drian explique qu’ « Il y a eu une initiative prise par les réseaux du président Issoufou qui a permis une libération sans heurt ». Information confirmé par une interview du chef de l’Etat Nigérien pour le Parisien : les otages « ont été récupérés au nord du Mali par nos propres équipes nigériennes ».

Les négociations ont été menées et conclues par le clan des Iforas, des Touaregs du Mali et du Niger. Et bien que l’on soupçonne le paiement d’une rançon, il ne serait que l’aboutissement de longs mois de tractations, de revirements et de discussions. Très vite, les services français s’étaient rendu compte que les négociateurs habituels de ce genre de dossiers piétinent. Ces tâtonnements vont durer près de deux ans.

Interrogé par le Figaro, un proche du dossier assure que « La lecture tribale est très importante ». Début janvier 2013, l’armée française débarque au Mali sans savoir où se trouvent les otages, qui sont régulièrement déplacés et le plus souvent détenus séparément. Cette offensive éclair française désorganise Aqmi. Abou Zeid, un puissant chef d’Aqmi qui détient les otages, doit fuir. Sa mort en mars à l’extrême nord du Mali, précipite le sort des otages entre les mains de ses «héritiers». Notamment un certain Abdelkrim el-Targui. Ce dernier conduit les captifs dans une zone plus sûre à ses yeux, tout à fait à l’ouest du Mali, dans la région des trois frontières, près de l’Algérie et la Mauritanie. À la tête d’une katiba (unité de combat), ce Touareg est l’un des rares Maliens d’Aqmi.

Au début du printemps 2013, les pourparlers reprennent. Le chef de l’Etat du Niger Mahamadou Issoufou, relance son équipe de négociateurs avec l’accord des Français. Ces discussions sont conduites par le général Lawel Chékou Koré et surtout par Mohammed Akotey. Ce dernier est aussi un Touareg Iforas et a des contacts sérieux avec Abou Zeid et son entourage.

Cependant, on peut se demander si cette mise en avant des acteurs Nigériens n’est pas là pour cacher une autre réalité de cette libération, comme le paiement d’une rançon.

La question épineuse sur le prix de la libération des otages

La polémique de la rançon serait parti selon le Huffingtonpost de la déclaration d’une journaliste d’Europe 1 au sujet d’un accord qui aurait été conclu dix jours plus tôt avec une contrepartie financière. Puis, cette question est relayé par tout les journaux et leur support internet comme le parisien.fr, libération.fr, le figaro.fr etc.

Mais c’est surtout le journal le Monde qui fait le plus de bruit. Selon lui, « il a été convenu à l’avance que les ravisseurs devaient d’abord regrouper les quatre otages (…) les preneurs d’otages devaient ensuite échanger l’argent contre les coordonnées GPS permettant de localiser les quatre Français ». L’éventuelle rançon payée pour la libération des otages pose le problème des moyens que les Etats sont prêts à engager pour obtenir leur libération. Citant une « source française », Le Monde croit savoir que « l’argent a été prélevé sur les fonds secrets alloués aux services de renseignement ». Cependant, selon les déclarations de Pascal Lupart (président du comité de soutien de Serge Lazarevic) pour l’AFP : « On se doute bien que c’est Areva qui a payé pour la libération des otages d’Arlit de la même façon que c’est GDF Suez qui a payé pour celle de la famille Fournier en avril 2013 au Nigeria ».

En réponse à ces affirmations, l’entourage de François Hollande a réaffirmé que « La France ne verse pas de rançon ». Pourtant, des sources proches des négociateurs nigériens assurent qu’entre 20 et 25 millions d’euros ont été versés. Une position qui reprend celle de l’ex-président Nicolas Sarkozy, qui déclarait en mai 2011, en évoquant la libération des trois otages (la française, le malien…) d’Aqmi deux mois plus tôt : « L’Etat français ne paie pas de rançon et ne cède pas aux chantages. C’est une question de principe. Mais il y a un autre principe auquel je suis attaché : toute vie est sacrée ». M. Sarkozy confirmait ainsi en pointillés qu’une rançon avait pu être versée, cette fois par Areva.

Une autre piste que le versement d’une rançon existe selon l’AFP citant une source touareg proche du dossier. Celle-ci serait la garantie de l’impunité pour le chef du groupe islamiste armé Ansar Dine , Iyad Ag Ghaly, en échange de la libération des quatre otages français du Sahel.

L’inquiétude des familles des otages restés prisonniers

Cette libération suscite l’inquiétude du comité de soutien pour les autres otages. Diane Lazarevic s’est dit «très contente» de la libération des otages d’Arlit. Mais sa joie a un goût amer car son père, Serge, est toujours détenu dans le désert malien. De son côté Pascal Lupart, président du comité de soutien de Serge Lazarevic a exprimé « une énorme angoisse pour les autres otages ». Il a rappelé que Philippe Verdon, enlevé en même temps que Serge, avait été retrouvé mort, tué d’une balle dans la tête début juillet 2013 dans le nord du Mali. Il a aussi fait part de son inquiétude pour un autre Français, Gilberto Rodriguez Leal, enlevé fin novembre 2012 également au Mali.

Pourquoi maintenant ?

Certe il y a eu une accélération des négociations comme le relate de nombreux journalistes, mais c’est un hasard du calendrier si la libération coïncide avec un nouvel échec politique du gouvernement (éco taxe). Dans le Figaro, une interview de la journaliste Dorothée Moisan, auteur d’un livre sur la gestion des kidnappings, nous apprend que :  » La situation s’est débloqué plus rapidement ces derniers mois grâce au changement des négociateurs ». Comme nous l’avons vu plus haut, il s’agissait d’une filière touareg de l’Aqmi. Il y a donc eu un vrai changement de stratégie, qui s’est illustré par un changement d’hommes. Les autorités françaises se sont détournées de Jean-Marc Gadouillet qui avait été mandaté comme négociateur par Areva et Vinci. Celui-ci a été remplacé par Mohamed Akotey, le négociateur du président nigérien.

Le deuxième élément de réponse pourrait être l’influence française au Mali qui a quand même pesé dans la balance. Selon un article du Figaro : « Les chefs touaregs cherchent à se replacer dans le jeu politique malien et à gommer la mauvaise image de ces derniers mois. La France a une vraie influence au Mali en ce moment. Elle a beaucoup à offrir, et puis elle a aussi son armée sur place, ce qui lui permet aussi d’être crédible dans ses menaces ». Cette libération, bien que bénéfique à la popularité de François Hollande, ne serait dû qu’au hasard du calendrier. Au final ceux qui répondent le mieux à la polémique sont encore les otages et leur proches : « Penser aux autres familles ».

Le dérapage de Marine le pen

Mais ce qui marque surtout les esprits c’est la « maladresse » de Marine Le Pen sur Europe 1 : « On avait l’impression d’avoir des images d’hommes qui étaient très réservés (…) les deux qui portaient la barbe taillée d’une manière assez étonnante, l’habillement était étrange (…). Tout ça mérite peut-être quelques explications de leur part ».

Toute la presse s’emballe, la poursuivant jusqu’au salon du chocolat où prié de préciser si elle suggérait par là que les quatre hommes avaient été « islamisés » elle se dérobe : « Je ne suis pas psychiatre (…). Je vous exprime le sentiment que j’ai eu (…). Je n’irai pas jusqu’à faire des théories, je ne serais pas dans mon rôle. » Un peu plus tard sur RTL elle revient sur cette maladresse expliquant qu’elle voulait dénoncer par là une »instrumentalisation » des otages encore « affublés des symboles de leur détention ».

Condamnée de part et d’autre de l’échiquier politique, Marine Le Pen continue à faire des vagues ! Mais ce qu’il faut retenir de cette polémique c’est qu’elle fait de l’ombre à l’inflexibilité de François Hollande sur la taxe à 75 % vis à vis des mécontentements dans les club de foot. Comme quoi, la libération des otages n’aura pas vraiment eu des effets positifs pour ce président mal-aimé !

Crédit photo : Capture d’écran des images de l’émission La Nouvelle Édition sur Canal + datant du 30/10/13.

Haïti et Après ?

Église du Sacré Coeur, Haïti. (« Haïti en marche » semaine du 25 Janvier)

À la suite d’un violent séisme de magnitude 7 à Haïti, après la douleur et le chaos, les premiers chants d’espoir s’élèvent dans la capitale de Port-au-Prince. Cette catastrophe majeure met au grand jour inefficacité politique de ce pays où la population à dû survivre par elle-même sans l’aide du gouvernement. Pratiquement tous les médias du monde ont leur représentant à Haïti depuis la catastrophe et tous sont avides de savoir comment l’île sera t-elle capable de s’en sortir.

Presque trois semaines après le désastre, l’aide internationale est déjà très mobilisée, près de 2 milliards de dons récoltés par l’ONU, une multiplication des émissions de récolte de fonds et la République dominicaine, voisine solidaire, transformée en base arrière des secours. La question maintenant est de savoir dans quelles conditions va-t-on reconstruire Haïti ?

Cette petite Île étant sujette à la violence du climat, et aux séismes, il est impératif de reconstruire dans une perspective de durabilité. Beaucoup y voit l’occasion de reconstruire en vert, dotant les installations de toutes les technologies de développement durable. D’autres se concentrent sur l’efficacité des bâtiments à résister aux assauts climatiques. Dans tous les cas Haïti est en situation d’urgence, il faut donc faire vite et bien, car n’oublions pas que la mousson est dans environs 6 mois, ce qui est très court. Mais le problème des fonds risques de se poser dans les mois à venir, car qui financera ce gigantesque chantier? Peut-on demander un effort supplémentaire aux populations internationales comme le voudrait le Conseil des droits de l’homme de l’ONU ?

Haïti « une occasion de faire des affaires » d’après l’ancien président américain Bill Clinton. Après nos soldes d’hiver voici leur soldes humanitaires.

Les États-Unis qui ont d’ors et déjà pris le commandement des opérations humanitaires pourront-ils mener de front les dépenses de leur pays en guerre, sortant lentement d’une crise financière mondiale, ainsi que les opérations de reconstruction ? Tout cela forme le panel d’un questionnement sur l’un des pays les plus pauvres du monde. S’exprimant devant le Forum économique mondial (WEF), l’ancien président américain Bill Clinton a lancé un appel aux chefs d’entreprise, pour investir dans la reconstruction à Haïti. Envoyé spécial de l’ONU pour le pays, il a ainsi appelé à l’association de ces patrons pour un  « partenariat global ». Mais ce qu’il faudra retenir de ce discours est peut-être le fait qu’il présente Haïti comme « une occasion de faire des affaires » plus que comme une forme d’assistance. Après nos soldes d’hiver voici leur soldes humanitaires. Il ajoute qu’un « travail de réorganisation » est à mener. Reste à voir si Haïti est près à devenir le pion des Américains, comme d’autres avant.

Il est important que ce pays se relève de ses cendres, le dynamisme repart lentement. Ces derniers jours, quelques haïtiens ont repris le travail timidement. Les banques ont ré-ouvert. À nous de contribuer à cet effort, tout en gardant à l’esprit que nous posons les pierres d’un pays de nouveaux indépendants et non une perfusion à un pays en difficulté.

Camille Pettineo.

Les nouveaux pieds-noirs du Sénégal.

Le Sénégal est devenue ces dernières années la destination favorite des retraités français, et peu être une colonisation de peuplement détourné se met-elle en place? Peut-on se réjouir de ces nouveaux pieds-noirs du Sénégal ?

Le Sénégal est situé à l’extrême ouest du continent africain, depuis début 2002, le pays est divisé en 11 régions, 34 départements où le Français est couramment parlé. Séjourner au Sénégal est très avantageux, étant un pays de la zone tropicale il renferme des paysages variés, ainsi que sur le plan du pouvoir d’achat. Ces dernières années, le Sénégal est une destination aux indicateurs socioéconomiques et démographiques attractifs ce qui attire les investisseurs et de plus en plus de retraités. Ces derniers étant relégués au second plan dans nos sociétés occidentales, le charme et la gentillesse des Sénégalais ne mettent pas longtemps à les séduire et tout comme les anciens pieds-noirs venus s’installer en Algérie nos retraités viennent en quête d’une meilleure qualité de vie.

« Les autochtones sont hospitaliers et n’affichent aucune remontrance envers les étrangers »

La monnaie Sénégalaise ainsi que celle de la majorité des régions alentour, étant le franc CFA, les expatriés français ont un pouvoir d’achat nettement plus élevé qu’en France. Les prix des produits de consommation courante sont très attractifs, et si vous croyez qu’à 8H d’avion de la France nos seniors doivent faire des concessions sur certains produits détrompez-vous. Dans ce pays musulman, viande de porc et alcool dont le champagne se trouvent facilement dans les grandes surfaces. Les prix des terrains sont très bons marchés, pour le montant d’un grand appartement à Paris (environs 200 000 euros) vous pouvez aisément vous offrir une petite villa avec piscine. Les offices de tourisme locaux ne cessent de vanter les mérites d’une retraite au Sénégal « les autochtones sont hospitaliers et n’affichent aucune remontrance envers les étrangers » pourront nous lire sur certain site, même si un peu plus loin est écrit « le pays est bien sécurisé excepté quelques régions ».

Mais devons nous réellement nous réjouir de ce nouvel eldorado ? Ne reproduisons nous pas les schémas du passé ? Même si le pays est indépendant, ce commerce touristique avec les retraités ce fait en marge de la population. Nous ne pouvons pas dire que les populations en profitent réellement. Les maisons se construisent comme des champignons sur la côte, avec peu ou pas de réglementation. Et même si pour le moment la situation enthousiasme les autorités, créant des postes de gouvernante, de maçon, il arrivera un jour où les privilèges des uns agaceront les autres. La population Sénégalaise (notamment en campagne) reste encore analphabète et pauvre, et les problèmes d’eau dans certains villages reculé courant. Comment réagiront-ils à long terme face à la « flambe de ces nouveaux riche » ?

C’est dans l’optique de ne pas profiter égoïstement de ce pays, que certains s’organisent en associations pour venir en aide aux populations. Les retraités agronomes apprennent à cultiver aux femmes, tandis que d’autres financent la fabrication de puits et d’écoles dans les villages. Cet échange est-il suffisant ? L’avenir nous le dira, mais je reste sceptique quant au futur de ce commerce florissant. La coexistence de ces deux mondes devra ce faire dans le respect du pays, de ces traditions, et de ces populations.

Camille Pettineo

La honte de Copenhague.

http://www.lejdd.fr

 » La tranquillité Chinoise face au désarrois du monde.

Dit le calme avant la tempête … »

Au mois de décembre de cette année, s’est tenu à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. 192 pays étaient présents dans la capitale danoise, dans le but de trouver un accord international de lutte contre le réchauffement climatique. La communauté internationale devait y élaborer un accord global qui prendrait la suite du protocole de Kyoto. Copenhague était donc le rendez-vous crucial du 21ème siècle pour le climat et l’humanité.

Le changement climatique est dramatique aussi bien pour les populations riches du Nord que pour les populations les plus pauvres. Nous savons très bien que les premières victimes seront les pays les plus vulnérables, où crises humanitaires et exodes se multiplieront dans les prochaines années. L’humanité à besoin d’un projet ambitieux pour la survie de ses populations et de sa planète.

Copenhague s’inscrit donc dans le mouvement contre les changements climatiques, et prend la suite de Kyoto ratifié par 175 pays (à l’exception des Etats-Unis) et entré en vigueur en 2005. Le traité de Kyoto arrive à expiration fin 2012. Les gouvernements se sont lancés comme défit de trouver un accord ambitieux et fort à Copenhague, ce qui nous laissait espérer d’être dans les délais pour contenir l’augmentation des températures en deçà de 2°C et d’éviter l’emballement climatique. Mais pour aboutir à un tel succès, il aurait fallu que les gouvernements s’entendent sur trois engagements majeurs. Tout d’abord, la réduction des émissions de gaz à effet de serre sur les territoires nationaux des grands pays industriels d’ici 2020. Puis, la mise en place d’un budget de 100 milliards d’euros par an d’ici à 2020 pour aider les pays en développement à construire un modèle énergétique durable, à s’adapter aux impacts des changements climatiques, et à lutter contre la déforestation responsable de 20% des émissions à effet de serre. Et dernièrement, un engagement des pays en développement à limiter la croissance de leurs propres émissions de gaz.

Les nations industrialisées disposant de plus importantes ressources financières et technologiques, il est normal qu’elles fassent le premier pas et qu’elles s’engagent à fournir une aide financière et technologique aux pays en développement dans le cadre des négociations de Copenhague. Parmi les pays industrialisés, responsables historiques du changement climatique, l’Union Européenne est l’un des acteurs clés. La France devait donc peser de tout son poids au sein de l’UE pour que celle-ci tire le futur accord climatique vers le haut. Mais cela n’a pas suffit face aux réticences des Etats-Unis, dont Nicolas Sarkozy attendait beaucoup, et de la Chine. Après 12 jours de sommet, le bilan du sommet de Copenhague sur le climat est peu reluisant : un accord non contraignant qui n’est pas signé par tous les pays, obtenu par des négociations de couloirs, rien à voir avec l’accord historique auquel tous voulaient croire. Le président français s’est beaucoup investi dans le sommet, même s’il a dû se résoudre à l’idée que le meilleur accord possible avait été trouvé. En coulisses pourtant, il ne cachait pas sa déception face à l’échec de la signature d’un accord contraignant « Cela n’a pas été possible » a-t-il concédé. Ceci montre bien l’effacement des Européens dans la dernière phase des négociations, et le poids de la Chine et des Etats-Unis, mis en lumière dans le rôle incontournable des deux pays les plus pollueurs de la planète. Les tensions entre les deux pays ont été très vives, mais au final leurs intérêts contradictoires les ont conduits à une alliance pour préserver leur souveraineté.

Pour résumer, le principal échec de Copenhague est l’accord obtenu par les Etats-Unis et la Chine lors de discussions parallèles, pas plus contraignant que l’accord de Kyoto et bien en deçà des volontés affichées. Loin d’être à la hauteur des attentes que la conférence avait soulevé, cet accord  affirme la nécessité de limiter le réchauffement planétaire à 2°C par rapport à l’ère préindustrielle, mais ne comporte aucun engagement « chiffré » de réduction des émissions de gaz à effet de serre. De plus la fin du sommet a été ternie d’une part par le cadre flou des négociations, où France et Etats-Unis semblaient faire cavalier seul mettant les autres pays à l’écart, et d’autre part, par la « prise en note » de l’accord (qui pourrait permettre son application) alors que certains pays comme le Venezuela ou Cuba ont annoncé leur intention de ne pas le signer. Le changement de mentalité dont parle souvent les écologistes ne fait apparemment pas le poids face aux intérêts économique. Peut-être que le prochain film catastrophe d’Hollywood devrait montrer l’égoïsme de nos gouvernements au lieu de rejeter la faute sur les rayons solaires. Mais comme on dit souvent, c’est les pieds dans la merde qu’on chante le mieux!!

Camille Pettineo.